Des sauterelles enrobées de chocolat, des scorpions assaisonnés, des hamburgers de vers de farine et des barres énergétiques de cricket se sont glissés dans les épiceries du monde entier, alors que les gens se mettent peu à peu à penser que la consommation d’insectes est une source de protéines alternative et écologique. Bientôt, vos amis à fourrure pourront eux aussi se nourrir d’insectes rampants.

Dans un souci de proposer des produits plus durables, Purina de Nestlé vient d’annoncer une nouvelle gamme d’aliments pour animaux de compagnie à base d’insectes, rapporte Reuters.

On estime que les animaux de compagnie consomment 26,6 millions de tonnes d’aliments pour animaux chaque année, contribuant ainsi à la production de 64 millions de tonnes de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Pour réduire son empreinte écologique, Purina cherche des moyens innovants de diversifier ses sources de protéines, si bien qu’aujourd’hui, les insectes sont au menu. La ligne Beyond Nature’s Protein sera proposée dans les épiceries Coop de Suisse dans le courant du mois, et les animaux domestiques auront le choix entre un mélange de poulet, de fèves et de larves de mouches noires ou de poulet, de foie de porc et de millet, rapporte Jaclyn Diaz pour NPR.

Les Nations unies prévoient que 9,6 milliards de personnes peupleront la Terre d’ici 2050, et que la production alimentaire devra augmenter de 70 % pour répondre à la demande, rapporte NPR. Pour réaliser un tel exploit, le monde devra réformer massivement la façon dont les aliments sont produits. À ce titre, les Nations unies affirment que l’adaptation des insectes à notre régime alimentaire peut faire partie de la solution.

Il existe près de 2 000 espèces d’insectes comestibles. Traditionnellement, les insectes sont des aliments de base dans toutes les cultures d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique depuis des siècles, et au moins deux milliards de personnes en mangent déjà régulièrement. Il n’y a que sur les marchés occidentaux que le fait de manger des insectes suscite une réaction délicate, a rapporté Jennifer S. Holland pour le National Geographic en 2013. Si les gens peuvent surmonter leur peur conditionnée et leur répulsion des insectes, les protéines d’insectes pourraient devenir un élément clé de notre alimentation.

Selon le National Geographic, les insectes sont beaucoup plus faciles et plus durables à « cultiver » que le bétail. Les insectes prennent beaucoup moins de place à élever, ce qui réduit considérablement les effets dévastateurs de la production animale sur l’environnement – déforestation, ruissellement agricole, utilisation de l’eau et production de déchets, entre autres. De plus, les insectes ne produisent pas autant de gaz à effet de serre que le bétail, ce qui atténue les effets sur le climat, alors que le monde entier s’efforce de réduire les émissions. Enfin, les insectes convertissent les produits alimentaires en protéines de manière beaucoup plus efficace que le bétail, de sorte qu’ils nécessitent peu d’intrants pour produire beaucoup de choses.

Nestlé déclare à NPR qu’elle « voit la nécessité de diversifier les sources de protéines dans les aliments pour diverses raisons, notamment des objectifs environnementaux tels que la lutte contre le changement climatique et la protection de la biodiversité », mais on ne sait pas exactement d’où elle s’approvisionnera en insectes. En janvier, Nestlé élargira ses options de protéines alternatives – qui incluent la carpe asiatique, un poisson envahissant qui a dévasté les écosystèmes aquatiques aux États-Unis – et remplira les commandes en ligne aux États-Unis.